La route la plus dangereuse du monde

J’ai risqué délibérément ma vie en descendant la route de la mort.Comme tu peux le voir j’ai survécu. C’est une belle performance! Je te raconte ici cette journée qui s’est déroulée à fond les ballons sur une route sinueuse de montagnes.

Je suis à la Paz, capitale administrative de la Bolivie. Une ville moche, grise, surpeuplée, embouteillée, polluée et qui monte en plus de ça! Oui, je n’y vais pas avec le dos de la cuillère, mais il faut être honnête. Le voyage ce n’est pas que des bons cotés et des découvertes merveilleuses.

Du haut de ses 3650m c’est la capitale la plus haute du monde, alors remonter les rues qui la sillonnent n’est pas de tout repos. Mais quand en plus tu te tapes les embouteillages juste à coté avec des vieilles bagnoles et des vieux bus qui crachent une fumée noire et étouffante, ce n’est vraiment pas agréable. De plus la ville n’a pour moi pas énormément d’intérêts. Je suis allé voir deux choses:

Le marché des sorcières. C’est en fait un lieu ou se vendent des articles de croyances païennes (magie, divination…) du peuple Ayamara (les ancêtres des Boliviens en quelque sorte). J’avais lu un ou deux blogs assez enthousiastes sur cet endroit… Verdict de ton blogueur préféré (ou pas) : C’est nul! Déjà,moi, quand tu me dis marché, j’imagine un lieu voir une place avec au moins une cinquantaine d’étalages. Ici non, c’est juste quatre ou cinq boutiques qui se battent en duel et qui vendent les mêmes choses. Quelques fioles, des mélanges d’herbes, des pierres, des fœtus de lamas séchés (beurk), mais surtout les mêmes souvenirs pour touristes que dans les autres boutiques de la ville. Donc ne t’imagines pas arriver à Poudlard! Je suis franchement plus impressionné par le rayon cosmétique d’un supermarché que par ce «marché des sorcières». Alors oui c’est vrai, c’est curieux de voir ces corps d’animaux décrépits qui pendouillent, enfin c’est surtout dégueu… Si tu es végane ne regarde pas les photos par ce que sinon c’est direct la PLS… Mais qu’est ce qu’ils en font de ces fœtus de lamas séchés? Te demandes tu, et bien c’est un porte bonheur qu’ils enterrent dans leur propriété pour porter chance.

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La valle de la luna : Pour me rendre à cette vallée de la lune je dois prendre un minibus avec écrit «Mallasa» dessus qui passe dans l’avenue principale. Pas de chance, en ce moment il y a un genre de manifestations diverses tous les jours, du coup un coté de l’avenue est fermée à la circulation. J’ai mis trois plombes à trouver un de ces fameux minibus, minimum une heure.Finalement j’en trouve un donc; je monte… Cinq minutes après on se fait arrêter par la police, qui arrête le véhicule. Pourquoi? Bonne question… Bref tout le monde descend. Je me décide alors à prendre un taxi, tant pis ça me coûtera plus cher entre 90 et 100 Bolivianos (11/12€). J’en interpelle un, la chance tourne, le mec me propose 50 BOB (6€) allez retour pour la course! Youpi, je monte direct!

Plus qu’une vallée. C’est en fait une zone rocheuse, dont la pierre a été rongée par l’érosion. Ça donne une sorte de labyrinthe de pic plus ou moins haut. Inhabituel certes, mais pas incroyable, c’est une curiosité, sans plus. La visite est courte ça ne dure que 45 min. Certains y vont en tour guidé, à part pour dépenser de l’argent en plus ce n’est franchement pas utile je pense.

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Le vtt de descente c’est le pied.

LE TRUC à faire quand tu es à La Paz c’est la descente en vtt de «El camino de la muerte»  – lis ça à haute voix avec un accent Espagnol…Avoues que ça sonne bien –.

Ce chemin de la mort, c’est la route la plus dangereuse du monde, celle où il y a eu le plus de morts dans le monde, en tout cas c’est ce qu’il se dit, je n’ai pas fait une recherche de statistiques… En fait, c’est une piste pas super large à flanc de montagne : D’un coté la parois rocheuse, de l’autre le vide. Nombreux sont les véhicules qui sont tombés quelques centaines de mètres plus bas. Aujourd’hui la partie la plus dangereuse se contourne grâce à une nouvelle route construite. Et pour le plus grand bonheur du touriste à la recherche de quelques sensations fortes il est possible de descendre la route en vtt.

J’ai donc réservé un tour dans une agence pour 400 BOB. Sur le bureau, quand le mec me donne des informations sur le tour il y a écrit 500, mais il me le fait à 400 sans que je ne demande rien. Je lui demande pourquoi, il me répond «par ce que tu es Français » ah, cocorico! Bon ok tant mieux je ne vais pas me plaindre. Effectivement ce jeune très sympathique essaie d’apprendre le Français. Dans l’agence, c’est d’ailleurs une version Française de «Despasito» avec sous titre qui passe, et il me demande de lui traduire quelques phrases de bases.

Bref, le lendemain me voilà dans le minibus de l’agence en route pour une journée de descente.Je suis avec quatre autres Français mais avec nous il y a aussi un autre minibus de la même agence plein d’anglophone qui n’ont pas le même guide, nous passerons la journée tous ensemble mais sans vraiment se mélanger chacun restant dans le groupe de sa langue natale.

Nous arrivons au point de départ, un endroit magnifique au bord d’un lac. Distribution des vélos et de l’équipement. Bien sûr, malgré le fait que j’ai indiqué ma taille lors de l’inscription pratiquement tout est trop grand. Après un petit briefing et la photo de groupe, tout le monde en piste!

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La première heure, la descente se fait sur une route d’asphalte. Pas besoin de pédaler! Ça roule tout seul je me la joue comme dans Mario Kart, sans toucher les freins, sauf que là, je ne fini pas dans un mur comme dans le jeu. La descente est pépère, je retrouve un peu mes sensations de motard mais je trouve que ça ne va pas assez vite. Après une heure nous remontons dans le minibus car il y a dix kilomètres de montée avant le point de départ de la route de la mort. Ben ouais, on ne va pas les faire en vélo ! On a pas payé pour pédaler non plus, ce n’est pas dans le contrat!

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Nous voilà en haut, on peut apercevoir la fameuse route qui serpente à flanc de montagne. Un petit casse dalle, quelques consignes de sécurités et c’est parti!

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Ce coup ci ce n’est plus la même chose, la piste chaotique, pleine de trous et de pierres secoue le vtt comme un prunier et moi avec donc. Je file à toute allure, j’attaque les virages à la corde et je double quelques membres du groupe un peu plus frileux. Cette fois j’utilise les freins. Dès que je le peux, je donne quelques coups de pédales pour prendre plus de vitesse. Quel pied! C’est vraiment cool et prenant, et quelle sensation! Quand soudain dans un virage, une pierre me fait perdre le contrôle de mon destrier. C’est la chute… Bim! Direct dans le mur, mon cou fait un gros « crack » et me voilà assis dans le caniveau. Une chance que je sois tombé de ce coté car de l’autre, c’est le vide et tu ne serais pas en train de lire ces lignes…

Piouufff, quelle chute; en tout cas ça fait un truc à raconter ! Et puis ça aurait été moins marrant si je n’étais pas tombé. Je ne me démonte pas pour autant, je remets mes cervicales en place, remonte sur mon vélo et rattrape ce jeune coq qui s’est permit un «yeah man» moqueur au lieu d’un «are you ok» lors de ma chute. Quelques minutes plus tard, il admirera mes fesses, et s’étouffera dans le nuage de poussière provoqué pas mes pneus jusqu’au prochain arrêt!

La suite et fin de la descente se passe très bien, je me fends la gueule et me fais quelques frayeurs qui font montées l’adrénaline. En haut il faisait froid mais à la vitesse à laquelle on descend l’air se réchauffe vite, les couches de vêtements sautent les unes après les autres. Quelques arrêts permettent de prendre le temps d’admirer le paysage et de prendre des photos.

Nous finissons la journée dans un hôtel avec piscine et par un buffet à volonté que je dévalise tellement je suis affamé.

La Paz n’a pas vraiment d’intérêt mais tu seras obligé d’y passer. Du coup profites-en pour faire cette fameuse descente que tout le monde fait, c’est vraiment extra, pas besoin d’y aller comme un fou comme moi pour en profiter, tu peux aussi y aller à ton rythme et profiter du paysage. Mais franchement ne rate pas cette occasion.Ce n’est pas quelque chose qui peut se raconter. Ça se vit ! Le lendemain je suis parti pour Rurrenabaque, et figure toi que le bus a emprunté une section du camino des la muerte. Franchement, en bus, c’est super flippant ! Tu vois le vide, et les roues du bus au raz du bord, il suffirait d’un petit glissement de terrain ou d’une fausse manœuvre et hop, bye bye…

le bon plan

Je suis passé par l’agence Barro Biking. Pour 400 BOB (48) tu as droit à : un vtt suspendu, tout l’équipement (casque, protections, vêtements imperméables), un t-shirt, deux repas (dont celui de l’hôtel) et un dvd avec toute les photos et vidéos prisent par le guide! Ça vaut franchement le coup.

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4 commentaires sur “La route la plus dangereuse du monde

  1. Bizarre sur la vidéo, on comprends pas vraiment ce qui s’est passé…
    Par contre le mec te dit pas « yeah man » mais « you’re alright mate ? » 😉 (ça devait être un Australien, ils balançent des « mate » un peu partout ^^)

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  2. Ping : Atacama: Les pieds dans le sable, la tête dans les étoiles. – Mes yeux sur le monde

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